
Passive Obedience
الطاعة السلبية
Obéissance passive
Résumé éditorial
L'œuvre « Passive Obedience » de Berkeley présente une défense théologique de l'autorité politique qui fonde l'obéissance au gouvernement civil sur la théorie du commandement divin. Rédigé en 1712 au cœur d'intenses débats sur la succession et la théorie de la résistance, Berkeley développe une argumentation systématique contre le droit de rébellion qui s'avérerait influente pour la théologie politique conservatrice tout au long du XVIIIe siècle.
L'ouvrage part du principe que la volonté de Dieu constitue le seul fondement de l'obligation morale. Berkeley soutient que la raison humaine peut discerner certaines lois universelles de la nature qui reflètent les intentions divines pour l'ordre social. Au premier rang de celles-ci figure le principe d'obéissance passive—le devoir de se soumettre à l'autorité établie sans résistance active, même lorsque cette autorité agit de manière injuste. Cette obligation ne découle d'aucun contrat social ou calcul prudentiel, mais du commandement direct de Dieu tel qu'il se révèle à travers l'Écriture et la raison naturelle.
La méthode de Berkeley combine la théorie rationaliste du droit naturel avec les engagements théologiques anglicans. Il construit une série de démonstrations logiques montrant que la société civile exige une soumission absolue pour prévenir la dissolution anarchique. Toute exception au principe d'obéissance, soutient-il, minerait l'ensemble de la structure d'autorité politique que Dieu a ordonnée pour l'épanouissement humain. L'argumentation conteste directement les théories lockéennes de la résistance légitime et les justifications whigs de la Glorieuse Révolution de 1688.
La dimension théologique s'avère cruciale pour la démonstration de Berkeley. Il maintient que la souffrance sous un règne injuste sert un dessein providentiel, éprouvant la foi et édifiant la vertu. Les chrétiens doivent avoir confiance que Dieu finira par justifier les justes, soit par intervention divine, soit par récompense éternelle. Cette position aligne Berkeley avec la théologie anglicane de la Haute Église contre à la fois les théories catholiques de suprématie papale sur les dirigeants temporels et les arguments protestants pour la désobéissance de conscience.
La signification de l'ouvrage s'étend au-delà de son contexte politique immédiat. L'intégration par Berkeley d'arguments épistémologiques, théologiques et politiques démontre comment les conceptions de Dieu façonnent les théories de l'autorité légitime. Son insistance sur le fait que le commandement divin fournit le seul fondement sûr pour l'obligation morale et politique anticipe les débats ultérieurs sur la relation entre croyance religieuse et devoir civique. Bien que la position extrême de Berkeley sur l'obéissance passive ait trouvé peu de défenseurs après le XVIIIe siècle, son affirmation plus large selon laquelle la philosophie politique requiert un fondement théologique continue de résonner dans les discussions contemporaines sur les sources de la légitimité politique et le rôle du raisonnement religieux dans la vie publique.
Formulations argumentatives engagées
Œuvres liées
Berkeley, George (1712). Obéissance passive.
@book{passive-obedience-1712,
author = {Berkeley, George},
title = {Obéissance passive},
year = {1712},
url = {https://god-database.com/fr/works/passive-obedience-1712}
}