Al-Ghazali's critique of philosophy rests on misunderstandings of demonstration and causality.
Résumé éditorial
L'Incohérence de l'incohérence d'Ibn Rushd constitue une défense philosophique systématique de l'enquête rationnelle sur les questions divines contre la critique antérieure d'al-Ghazâlî dans L'Incohérence des philosophes. Écrivant en 1180 depuis l'Espagne islamique, Ibn Rushd (connu en latin sous le nom d'Averroès) reconstitue la légitimité de la théologie philosophique par un examen méticuleux des arguments d'al-Ghazâlî, réaffirmant ainsi la compatibilité entre la philosophie aristotélicienne et la révélation islamique.
L'œuvre procède par réfutation point par point des vingt problèmes philosophiques d'al-Ghazâlî, avec une attention particulière aux arguments cosmologiques concernant l'existence, la nature et la relation de Dieu au monde. Ibn Rushd défend la position des philosophes sur l'éternité du monde, soutenant que la création ex nihilo contredit les principes de causalité que même le raisonnement théologique doit respecter. Il maintient que la preuve démonstrative peut établir l'existence de Dieu par l'argument du mouvement et l'argument de la providence, tous deux adaptés de sources aristotéliciennes mais harmonisés avec l'enseignement coranique.
Au cœur de la méthode d'Ibn Rushd se trouve sa distinction entre différents niveaux de discours : démonstratif pour les philosophes, dialectique pour les théologiens, et rhétorique pour les masses. Cette épistémologie hiérarchique lui permet de préserver à la fois la rigueur philosophique et l'orthodoxie religieuse. Il soutient que les contradictions apparentes entre philosophie et Écriture résultent de l'échec à reconnaître que la révélation s'adresse à des publics multiples par différents modes d'expression. Le devoir du philosophe consiste à interpréter l'Écriture allégoriquement là où les lectures littérales entrent en conflit avec les vérités démonstratives.
La signification du texte pour le débat sur Dieu s'étend au-delà de la philosophie islamique. La défense de la théologie naturelle par Ibn Rushd a influencé Thomas d'Aquin et la scolastique latine, fournissant des arguments cruciaux pour l'existence de Dieu basés sur l'observation empirique et la nécessité logique. Son insistance sur le fait que la raison peut accéder aux vérités concernant la nature divine sans compromettre la transcendance a façonné la pensée médiévale ultérieure dans les contextes islamique et chrétien.
La philosophie averroïste d'Ibn Rushd représente un point culminant de la théologie rationaliste, soutenant que l'investigation philosophique renforce plutôt qu'elle n'affaiblit la croyance religieuse. En démontrant que le scepticisme d'al-Ghazâlî concernant la théologie philosophique repose sur des erreurs logiques et des malentendus de la doctrine philosophique, Ibn Rushd préserve l'espace pour le discours rationnel sur Dieu tout en maintenant la transcendance divine. Son œuvre constitue ainsi à la fois une défense de la méthode philosophique et une théologie naturelle sophistiquée qui argumente pour l'existence de Dieu par la démonstration philosophique rigoureuse.
Formulations argumentatives engagées
Œuvres liées
Ibn Rushd (1180). L'incohérence de l'incohérence. Luzac & Co. for the Trustees of the 'E. J. W. Gibb Memorial'.
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