FAMILLES D'ARGUMENTS·langage religieux·Prédication univoque

Prédication univoque

Transversal

Fait partie de langage religieux

8 œuvres

La position de la prédication univoque soutient que lorsque nous appliquons des prédicats comme 'bon', 'sage' ou 'puissant' à Dieu et aux créatures, ces termes portent exactement le même sens dans les deux cas. Cette approche maintient que le langage religieux fonctionne selon les mêmes règles sémantiques que le discours ordinaire, sans modifications spéciales nécessaires pour parler du divin. Les partisans argumentent que sans univocité, le discours théologique significatif devient impossible, car nous n'aurions aucun pont conceptuel stable entre l'expérience humaine et la réalité divine. La position défend typiquement une interprétation réaliste du langage religieux, affirmant que nos mots réfèrent véritablement aux attributs divins même si notre compréhension reste limitée par une perspective finie.

L'approche univoque a gagné en importance avec Jean Duns Scot (1266-1308), dont l'Ordinatio soutenait que l'être doit être prédiqué univoquement de Dieu et des créatures pour préserver la possibilité de la théologie naturelle. Guillaume d'Ockham (1287-1347) a étendu cette vue dans sa Summa Logicae, maintenant que l'univocité conceptuelle sous-tend tout raisonnement théologique valide. En philosophie contemporaine, The Coherence of Theism (1977) de Richard Swinburne défend un univocalisme modifié, argumentant que les prédicats fondamentaux doivent conserver un sens cohérent à travers les contextes. Does God Have a Nature? (1980) d'Alvin Plantinga assume similairement la prédication univoque dans son analyse des attributs divins. Des philosophes islamiques comme Ibn Rushd (Averroès) dans son Tahāfut al-Tahāfut ont également défendu des formes d'univocité contre la critique d'al-Ghazālī.

L'objection principale vient de la tradition de la transcendance, qui argumente que l'univocité réduit Dieu aux catégories créaturelles et échoue à respecter l'altérité divine. Des critiques comme Thomas d'Aquin soutenaient que la prédication univoque mène à l'anthropomorphisme et mine la simplicité divine. La Dogmatique ecclésiale de Karl Barth accusait l'univocité de représenter une présomption humaine en revendiquant un accès conceptuel direct à Dieu. Les défenseurs répondent que ces préoccupations confondent les questions sémantiques et métaphysiques : les termes peuvent partager un sens sans impliquer une parité ontologique. Ils argumentent que nier l'univocité mène à l'agnosticisme ou à un discours sur Dieu dénué de sens, et qu'une qualification soigneuse peut préserver la transcendance tout en maintenant l'intelligibilité. Le débat se centre souvent sur la question de savoir si l'univocité implique nécessairement un concept univoque de l'être englobant Dieu et les créatures.

La prédication univoque diffère nettement de la prédication analogique, qui soutient que les termes s'appliquent à Dieu et aux créatures avec des sens partiellement similaires mais fondamentalement différents. Contrairement à la prédication équivoque, qui nie toute connexion sémantique entre les usages divins et créaturels des termes, l'univocalisme maintient une identité sémantique stricte. Elle contraste avec la via negativa en affirmant un contenu positif dans le langage théologique plutôt que de procéder uniquement par négation. Là où l'interprétation symbolique traite le langage religieux comme principalement métaphorique ou poétique, la prédication univoque insiste sur la référence littérale tout en reconnaissant les limitations épistémiques.

Œuvres engageant cet argument

Auteurs clés

Oppy, Graham1 œuvres

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