La thèse de la prédication équivoque soutient que les termes appliqués à Dieu et aux créatures ne partagent absolument aucune signification commune, de sorte que lorsque nous disons « Dieu est sage » et « Socrate est sage », le mot « sage » fonctionne comme un pur homonyme avec des significations entièrement distinctes dans chaque cas. Cette position maintient que les attributs divins sont si radicalement différents de leurs contreparties créaturelles qu'aucun chevauchement sémantique n'existe entre eux. La thèse émerge typiquement d'engagements forts envers la transcendance et la simplicité divines, arguant que toute signification partagée compromettrait l'altérité absolue de Dieu en le soumettant aux catégories créaturelles. Les partisans soutiennent que cela préserve le mystère divin tout en évitant l'anthropomorphisme.
La position trouve ses racines chez le Pseudo-Denys (5e-6e siècle), dont les « Noms divins » soulignaient la transcendance radicale de Dieu au-delà de toute prédication. Moïse Maïmonide a développé la formulation médiévale la plus influente dans son « Guide des égarés » (1190), arguant que les attributs divins fonctionnent de manière purement négative ou relationnelle. Dans la pensée islamique, certains théologiens ashʿarites comme al-Bāqillānī (m. 1013) se sont approchés de cette vue en discutant des attributs divins (ṣifāt), bien que la plupart se soient arrêtés avant l'équivocation pure. La thèse a gagné une attention renouvelée à travers des penseurs postmodernes comme Jean-Luc Marion dans « Dieu sans l'être » (1982), qui soutenait que l'idolâtrie conceptuelle résulte de l'hypothèse d'une prédication univoque entre Dieu et les créatures.
L'objection principale concerne l'effondrement dans l'agnosticisme : si « sage » signifie quelque chose d'entièrement différent lorsqu'appliqué à Dieu, alors les énoncés sur Dieu deviennent dénués de sens et le langage religieux perd son contenu cognitif. Des critiques comme Thomas d'Aquin ont argumenté que cela rend la révélation impossible et la prière incohérente. Les défenseurs répondent que l'équivocation préserve la transcendance divine et que le langage religieux fonctionne de manière non-cognitive à travers la rencontre mystique ou la pratique apophatique. Une deuxième objection note que l'Écriture elle-même établit des comparaisons entre les attributs divins et humains, suggérant une certaine communauté. Les partisans répliquent que de telles comparaisons fonctionnent pédagogiquement sans impliquer de similarité réelle, ou que la révélation elle-même transcende les règles sémantiques ordinaires.
Contrairement à la prédication analogique, qui maintient une similarité proportionnelle entre les attributs divins et créaturels, la prédication équivoque nie toute communauté. Alors que la via negativa se concentre sur ce que Dieu n'est pas, l'équivocation fait une affirmation plus forte sur la discontinuité sémantique complète des énoncés positifs. La prédication univoque, son opposé direct, insiste que les termes signifient exactement la même chose lorsqu'appliqués à Dieu et aux créatures. L'interprétation symbolique traite le langage religieux comme métaphorique tout en maintenant potentiellement un contenu cognitif, tandis que l'équivocation pure nie même la connexion métaphorique.