La prédication analogique soutient que le langage religieux concernant Dieu fonctionne par analogie, où les termes appliqués à la fois à Dieu et aux créatures partagent une signification qui n'est ni totalement identique (univoque) ni entièrement différente (équivoque), mais proportionnellement reliée. Cette position maintient que lorsque nous disons « Dieu est bon » et « les humains sont bons », le terme « bon » porte des significations liées mais distinctes, l'instantiation divine servant d'analogué principal dont dérive la bonté créaturelle. La théorie tente de préserver un discours significatif sur Dieu tout en respectant la transcendance divine, arguant que nos concepts tirés de l'expérience finie peuvent légitimement référer à la réalité infinie par une relation de similarité proportionnelle.
La doctrine trouve son articulation classique chez Thomas d'Aquin (Summa Theologiae I.13), qui a développé la notion aristotélicienne d'équivocité pros hen en une théorie sophistiquée de la prédication théologique. Les philosophes islamiques médiévaux comme Ibn Sīnā (al-Ishārāt wa-l-tanbīhāt) ont exploré un territoire similaire à travers le concept de tashkīk al-wujūd (gradation de l'existence), tandis que des penseurs juifs comme Maïmonide (Guide des égarés) se sont confrontés à des questions connexes. La tradition thomiste fut raffinée par Cajétan (De Nominum Analogia, 1498) et Jean de Saint-Thomas (Cursus Philosophicus), tandis que les défenseurs modernes incluent E.L. Mascall (Existence and Analogy, 1949), Ralph McInerny (The Logic of Analogy, 1961), et David Burrell (Analogy and Philosophical Language, 1973).
Les critiques soutiennent que la prédication analogique s'effondre soit dans l'univocité soit dans l'équivocité lorsqu'on exige de la précision. Duns Scot soutenait que sans concept univoque de l'être, aucune prédication significative sur Dieu n'est possible, tandis que Guillaume d'Ockham arguait que l'analogie se réduit à l'équivocation avec attribution extrinsèque. Les philosophes contemporains comme Kai Nielsen maintiennent que le langage analogique reste cognitivement dénué de sens sans conditions de similarité spécifiables. Les défenseurs répondent que l'analogie opère par participation causale plutôt que par comparaison conceptuelle, que l'objection mécomprend la base métaphysique de la référence analogique, et qu'exiger une précision univoque impose un standard inapproprié au discours transcendant.
La prédication analogique diffère de la prédication univoque en niant l'identité de signification entre applications divines et créaturelles, de la prédication équivoque en maintenant une connexion sémantique authentique, de la via negativa en affirmant un contenu positif dans le discours sur Dieu, et de l'interprétation symbolique en revendiquant une référence littérale bien qu'analogique plutôt qu'une signification simplement métaphorique.