La via negativa ou approche apophatique soutient que le langage humain ne peut parler véridiquement de Dieu que par la négation—en énonçant ce que Dieu n'est pas plutôt que ce qu'il est. Cette méthode procède en niant systématiquement tous les prédicats finis et limitations lorsqu'appliqués au divin, arguant que toute attribution positive réduit inévitablement Dieu aux catégories créaturelles. L'approche distingue typiquement entre l'essence de Dieu (qui demeure absolument inconnaissable) et ses énergies ou effets (par lesquels une connaissance limitée devient possible), tout en insistant que même les négations doivent ultimement être niées pour éviter d'imposer des contraintes conceptuelles à l'infini.
La via negativa trouve une expression précoce dans l'affirmation de Plotin que l'Un transcende toute prédication, développée à travers la Théologie mystique du Pseudo-Denys (vers 500) qui établit le triple mouvement d'affirmation, négation et éminence. La Vie de Moïse de Grégoire de Nysse articule l'infinité divine comme exigeant une ascension épistémique perpétuelle, tandis que le Guide des égarés de Maïmonide (1190) argue que les attributs positifs ne réfèrent qu'aux actions de Dieu, non à son essence. Thomas d'Aquin incorpore des éléments apophatiques dans son cadre analogique plus large, alors que Maître Eckhart radicalise la négation pour inclure l'être même. Les défenseurs modernes incluent La théologie mystique de l'Église d'Orient de Vladimir Lossky (1944) et Dieu sans l'être de Jean-Luc Marion (1982).
Les positions principales dans ce débat concernent la question de savoir si la pure négation demeure signifiante. Les défenseurs argumentent que la via negativa préserve la transcendance divine tout en permettant un discours religieux authentique par l'ignorance savante (docta ignorantia). Les critiques comme Kai Nielsen soutiennent que la théologie purement négative s'effondre dans l'insignifiance—un Dieu dont on ne peut rien dire de positif devient indistinguable de la non-existence. Les positions modérées, exemplifiées par Aquinas: God and Action de David Burrell (1979), maintiennent que la négation fonctionne dialectiquement avec l'analogie pour permettre une prédication théologique véritable. Le débat porte souvent sur la question de savoir si le discours apophatique réfère véritablement ou exprime simplement des attitudes religieuses.
La via negativa diffère de la prédication analogique en rejetant même la similarité proportionnelle entre attributs divins et humains, alors que les approches analogiques maintiennent un contenu positif par proportionnalité propre. Contrairement à l'application directe de concepts à Dieu de la prédication univoque, ou à la discontinuité sémantique complète de la prédication équivoque, la via negativa trace un chemin de dé-dire systématique. Elle partage avec l'interprétation symbolique une reconnaissance des limites du langage mais privilégie la négation sur le redéploiement métaphorique.