La Thèse du noyau commun soutient que les expériences religieuses diverses à travers les cultures et traditions partagent des caractéristiques phénoménologiques fondamentales qui indiquent une réalité transcendante, identifiée de manière plus plausible comme Dieu. Cette formulation affirme que sous la diversité apparente des expériences religieuses—qu'elles soient chrétiennes, islamiques, hindoues, bouddhistes ou indigènes—se trouve un noyau expérientiel commun caractérisé par des rencontres avec le sacré, le numineux ou la réalité ultime. L'argument infère que cette convergence interculturelle s'explique mieux par l'hypothèse que ces expériences constituent un contact authentique avec une réalité divine, plutôt que d'être simplement des phénomènes psychologiques ou culturellement construits.
La thèse a émergé de manière proéminente dans la religion comparée et la philosophie de la religion du vingtième siècle. Les Variétés de l'expérience religieuse (1902) de William James a inauguré l'étude phénoménologique de l'expérience religieuse, bien qu'il soit resté agnostique sur les conclusions métaphysiques. La Philosophie éternelle (1945) d'Aldous Huxley a articulé une version forte affirmant que toutes les expériences mystiques pointent vers la même réalité ultime. Plus récemment, Caroline Franks Davis dans The Evidential Force of Religious Experience (1989) a développé un cadre épistémologique sophistiqué pour la thèse du noyau commun. L'hypothèse pluraliste de John Hick dans An Interpretation of Religion (1989) représente une élaboration philosophique, tandis que The Case for Religion (2004) de Keith Ward défend une version plus modeste se concentrant sur des modèles expérientiels partagés plutôt que sur un contenu identique.
Les critiques soulèvent plusieurs objections puissantes. Steven Katz dans Mysticism and Philosophical Analysis (1978) argue que toute expérience est irréductiblement médiatisée par le langage et la culture, rendant impossible l'identification d'un noyau commun "pur". Religious Experience (1985) de Wayne Proudfoot soutient que la thèse du noyau commun commet une erreur descriptive en confondant les rapports phénoménologiques avec les affirmations ontologiques. Les défenseurs répondent que bien que la médiation culturelle façonne l'expression, elle ne doit pas déterminer tout le contenu de l'expérience. Ils argumentent que les témoignages convergents à travers des cultures isolées suggèrent un contact authentique avec la réalité transcendante, et que le constructivisme radical du critique prouve trop, sapant même la connaissance perceptuelle ordinaire.
La Thèse du noyau commun diffère des formulations apparentées en se concentrant sur les caractéristiques phénoménologiques partagées plutôt que sur des types d'expérience spécifiques. Contrairement à l'Argument de l'expérience mystique, elle englobe les rencontres non-mystiques avec le sacré. Contrairement à l'argument de l'Expérience numineuse, elle s'étend au-delà de la phénoménologie spécifique d'Otto. Contrairement au Sensus Divinitatis, elle s'appuie sur la convergence empirique plutôt que de postuler une faculté cognitive spéciale. Contrairement au Cas cumulatif, elle argumente spécifiquement à partir de la communalité expérientielle plutôt que de la simple agrégation de phénomènes religieux divers.