La version cartésienne de l'argument ontologique affirme que l'existence de Dieu découle nécessairement de l'idée même de Dieu comme être souverainement parfait. La structure inférentielle de l'argument procède du concept de perfection à l'existence nécessaire : (1) j'ai une idée claire et distincte de Dieu comme être souverainement parfait ; (2) un être souverainement parfait possède toutes les perfections ; (3) l'existence est une perfection ; (4) donc, Dieu existe nécessairement. Contrairement à la formulation d'Anselme qui se concentre sur la concevabilité et la grandeur, Descartes fonde son argument sur la doctrine des idées claires et distinctes et sur la notion de perfection incluant l'existence.
Descartes a développé cet argument principalement dans la Cinquième Méditation de ses Méditations métaphysiques (1641) et l'a défendu dans ses Réponses aux objections. L'argument apparaît également dans ses Principes de la philosophie (1644) et le Discours de la méthode (1637). Parmi les défenseurs clés figurent Nicolas Malebranche dans De la recherche de la vérité (1674-75), qui l'a intégré à l'occasionalisme, et Gottfried Wilhelm Leibniz, qui l'a modifié en ajoutant une preuve de la possibilité de Dieu. À l'époque contemporaine, des philosophes comme Norman Malcolm dans « Anselm's Ontological Arguments » (1960) et Charles Hartshorne dans The Logic of Perfection (1962) ont défendu des versions influencées par les intuitions cartésiennes sur l'existence nécessaire.
L'objection la plus forte provient de la critique de Kant dans la Critique de la raison pure (1781/1787) selon laquelle l'existence n'est pas un prédicat réel ou une perfection pouvant être incluse dans un concept. Pierre Gassendi avait soulevé des préoccupations similaires dans les Cinquièmes Objections (1641), arguant que l'existence n'ajoute rien au concept d'une chose. David Hume dans les Dialogues sur la religion naturelle (1779) soutenait que rien ne peut être démontré exister a priori. Les défenseurs répondent que Kant comprend mal l'argument : il ne traite pas l'existence comme un prédicat ordinaire mais comme un mode d'être unique pour un être nécessaire. Ils soutiennent que pour Dieu seul, l'essence implique l'existence, rendant l'objection kantienne inapplicable à la perfection infinie.
La version cartésienne diffère de l'argument anselmien en se concentrant sur la perfection plutôt que sur la grandeur, et en invoquant explicitement la perception claire et distincte. Contrairement à la version de Leibniz, elle ne nécessite pas de preuve séparée de la possibilité de Dieu. Elle diffère des versions modales comme celle de Plantinga en restant dans la métaphysique classique plutôt que dans la sémantique des mondes possibles. Contrairement à la preuve mathématique de Gödel, elle s'appuie sur des notions intuitives de perfection plutôt que sur des axiomes logiques formels.