L'argument de la clôture causale contre le théisme soutient que le monde physique constitue un système causalement clos dans lequel chaque événement physique possède des causes physiques suffisantes, excluant ainsi toute causation divine non-physique. Cet argument infère du succès empirique de la physique et des neurosciences que les états mentaux, les expériences religieuses et les miracles présumés ont tous des explications physiques complètes sans reste, rendant l'action divine superflue sur le plan explicatif. L'argument procède typiquement en établissant la complétude causale de la physique, en démontrant que cette complétude s'étend aux phénomènes biologiques et psychologiques, et en concluant que postuler une causation divine viole soit la clôture causale, soit conduit à une surdétermination systématique.
Le principe de clôture causale a émergé de la philosophie mécanique moderne, particulièrement chez Descartes (1644) et dans l'Éthique de Spinoza (1677), bien qu'ils en aient tiré des conclusions théologiques différentes. La formulation contemporaine s'est cristallisée avec The 'Mental' and the 'Physical' de Feigl (1958) et a gagné en importance via Philosophy of Mind de Kim (1996) et Thinking about Consciousness de Papineau (2002). Les défenseurs clés incluent Dennett dans Consciousness Explained (1991), Churchland dans Neurophilosophy (1986), et A Physicalist Manifesto de Melnyk (2003). L'argument a reçu un soutien empirique des neurosciences, notamment les expériences de Libet sur la volition (1985) et les études d'imagerie cérébrale suggérant des conditions neurales suffisantes pour les expériences religieuses.
Les philosophes théistes ont développé plusieurs réponses à la clôture causale. Plantinga dans Where the Conflict Really Lies (2011) argue que l'indétermination quantique fournit des lacunes causales pour l'action divine sans violer les lois physiques. Swinburne dans The Existence of God (2004) soutient que la causation mentale elle-même démontre la fausseté de la clôture stricte, tandis que The Emergent Self de Hasker (1999) défend un dualisme émergent compatible avec l'action divine. Murphy dans Divine Action and Modern Science (2009) propose que Dieu agisse à travers des événements quantiques sans perturber les lois statistiques. Les partisans de la clôture causale répliquent que l'indétermination quantique ne peut produire les résultats dirigés que requiert le théisme, que l'émergentisme fait toujours face au problème d'exclusion, et que les neurosciences confirment de plus en plus l'identité-type entre états mentaux et neuraux.
La clôture causale diffère des arguments naturalistes connexes par son focus spécifique sur la causation plutôt que sur des affirmations métaphysiques plus larges. Contrairement à l'éliminativisme, elle ne nie pas l'existence des propriétés mentales mais seulement leur efficacité causale. Contrairement au naturalisme métaphysique, elle fait une affirmation plus modeste sur les relations causales plutôt que sur toute existence. Contrairement au naturalisme méthodologique, ce n'est pas simplement une stratégie de recherche mais une thèse substantielle sur le monde. Contrairement au physicalisme et au réductionnisme, la clôture causale est compatible avec le dualisme des propriétés pourvu que les propriétés mentales soient épiphénoménales.