Harmonie psychophysique

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Fait partie de Argument de la conscience

6 œuvres

L'argument de l'harmonie psychophysique soutient que la corrélation remarquable entre les états mentaux et les états physiques chez les êtres conscients indique une coordination ou conception divine sous-jacente. La structure inférentielle de l'argument part de l'observation de correspondances systématiques entre les expériences subjectives et les processus neuronaux, passe par l'improbabilité que de telles corrélations précises surgissent par hasard ou par sélection naturelle seule, pour conclure qu'une intelligence transcendante explique le mieux cette harmonie. Contrairement aux simples puzzles d'interaction esprit-corps, cet argument se concentre spécifiquement sur la nature finement ajustée des lois psychophysiques qui permettent à la conscience d'émerger et d'interagir significativement avec les substrats physiques. L'argument affirme que les explications naturalistes échouent à rendre compte de pourquoi les processus physiques devraient donner naissance à l'expérience subjective, et plus important encore, pourquoi les expériences résultantes devraient être si parfaitement adaptées aux besoins de survie et aux caractéristiques environnementales.

La formulation moderne de cet argument a émergé de la doctrine de l'harmonie préétablie de Leibniz, bien que focalisée spécifiquement sur la conscience plutôt que sur la métaphysique générale. William James dans The Varieties of Religious Experience (1902) a noté l'ajustement mystérieux entre la vie mentale et la fonction biologique. C.D. Broad dans The Mind and Its Place in Nature (1925) a exploré systématiquement les corrélations psychophysiques comme pointant au-delà du naturalisme. Les défenseurs contemporains incluent Richard Swinburne dans The Existence of God (2004), qui argue que le théisme explique mieux les lois psychophysiques que le matérialisme, et Robin Collins dans The Blackwell Companion to Natural Theology (2009), qui développe un argument du réglage fin spécifiquement pour la conscience. J.P. Moreland dans Consciousness and the Existence of God (2008) soutient que la calibration précise des connexions psychophysiques nécessite une conception intentionnelle. Alvin Plantinga a incorporé l'harmonie psychophysique dans son argument évolutionnaire contre le naturalisme, suggérant que des facultés cognitives fiables émergeant de l'évolution seraient miraculeuses sans guidance divine.

Les critiques argumentent que la biologie évolutionnaire explique adéquatement les corrélations psychophysiques par l'avantage adaptatif, avec Daniel Dennett dans Consciousness Explained (1991) proposant que l'harmonie apparente résulte de pressions sélectives favorisant les organismes dont les états mentaux suivent la réalité. Patricia Churchland dans Neurophilosophy (1986) soutient que la co-évolution du cerveau et de l'esprit rend la corrélation peu surprenante. Les défenseurs répondent que l'évolution présuppose plutôt qu'elle n'explique l'existence de lois psychophysiques permettant à la conscience d'émerger de la matière. Ils argumentent que la sélection naturelle ne peut travailler qu'avec des connexions psychophysiques préexistantes, non les créer ex nihilo. L'objection du principe anthropique—que nous observons l'harmonie simplement parce que des univers non harmonieux ne produiraient pas d'observateurs—est contrée en notant que cela n'explique pas pourquoi un univers devrait permettre l'harmonie psychophysique. Les partisans maintiennent que la simple existence de connexions légales entre domaines qualitativement distincts (mental et physique) reste profondément énigmatique sous le naturalisme.

Cette formulation diffère du problème difficile de la conscience en se concentrant sur la corrélation harmonieuse plutôt que sur la simple existence des qualia. Contrairement au problème de l'émergence, qui questionne comment la conscience surgit de composants non conscients, l'harmonie psychophysique souligne la nature suspicieusement bénéfique des connexions esprit-cerveau. L'argument de l'intentionnalité concerne l'aboutness des états mentaux, tandis que l'harmonie psychophysique aborde la question plus large de pourquoi les domaines mental et physique interagissent si fructueusement. Contrairement aux arguments classiques du dualisme esprit-corps, cette formulation ne requiert pas le dualisme de substance mais seulement la reconnaissance de corrélations apparemment conçues entre domaines mental et physique.

Œuvres engageant cet argument

Auteurs clés

Vernon, Mark1 œuvres
Leslie, John1 œuvres
Mawson, T. J.1 œuvres

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