L'argument du dessein cosmique infère l'existence d'un concepteur intelligent à partir de l'ordre, de la régularité et de la finalité apparents observés dans le cosmos dans son ensemble. Contrairement aux arguments centrés sur des caractéristiques biologiques spécifiques ou des constantes physiques, cette formulation met l'accent sur la structure globale de l'univers—de l'élégance mathématique des lois physiques à l'organisation hiérarchique de la matière, des particules subatomiques aux superamas galactiques. L'argument procède typiquement en identifiant des caractéristiques de l'ordre cosmique qui semblent inexplicables par le seul hasard ou la seule nécessité, puis en posant le dessein intelligent comme la meilleure explication de ces phénomènes.
Les racines de cet argument remontent à la philosophie antique, avec le Timée de Platon décrivant un artisan divin ordonnant le cosmos, et les Stoïciens développant des arguments systématiques à partir de l'ordre cosmique. Les philosophes islamiques médiévaux comme al-Kindī (m. 873) dans son Fī al-Falsafa al-Ūlā et Ibn Rushd (m. 1198) dans son Tahāfut al-Tahāfut ont articulé des versions sophistiquées. Thomas d'Aquin (m. 1274) l'a présenté comme sa cinquième voie dans la Summa Theologiae. La Révolution scientifique a revigoré l'argument, Newton voyant le dessein divin dans la mécanique céleste. Parmi les défenseurs contemporains figurent Richard Swinburne dans The Existence of God (2004), qui souligne l'ordre temporel de l'univers et les lois naturelles, et Robin Collins dans « The Teleological Argument » (2009), qui combine le dessein cosmique avec des considérations de réglage fin.
Les critiques soulèvent plusieurs objections. David Hume dans ses Dialogues sur la religion naturelle (1779) a soutenu que l'ordre pourrait émerger des propriétés inhérentes de la matière plutôt que du dessein, et que l'analogie entre les artefacts humains et le cosmos est faible. Les critiques modernes comme Sean Carroll dans The Big Picture (2016) affirment que les lois naturelles expliquent suffisamment l'ordre cosmique sans invoquer le dessein. L'hypothèse du multivers suggère que notre univers ordonné pourrait être l'une d'innombrables variations, rendant le dessein superflu. Les défenseurs répondent que même les scénarios de multivers nécessitent des méta-lois gouvernant la génération d'univers, ne faisant que repousser la question du dessein. Ils soutiennent que l'intelligibilité mathématique de la nature et l'émergence de la complexité à partir de conditions initiales simples restent mieux expliquées par l'intelligence que par le fait brut ou la nécessité.
L'argument du dessein cosmique diffère de ses arguments apparentés par sa portée et son focus. Alors que l'argument du réglage fin examine des constantes physiques spécifiques, le dessein cosmique englobe des caractéristiques structurelles plus larges. Contrairement au dessein intelligent ou à la complexité irréductible, qui se concentrent sur les systèmes biologiques, il aborde l'architecture fondamentale de l'univers. Le principe anthropique concerne spécifiquement les conditions nécessaires aux observateurs, tandis que le dessein cosmique inclut l'ordre non-anthropocentrique. L'analogie de l'horloger utilise des artefacts mécaniques comme analogies, alors que le dessein cosmique met souvent l'accent sur l'élégance mathématique et les lois naturelles plutôt que sur des caractéristiques mécaniques.