L'argument du Dessein Intelligent affirme que certaines caractéristiques de l'univers et des organismes vivants s'expliquent mieux par une cause intelligente que par des processus naturels non dirigés. La structure inférentielle de l'argument part de l'observation de la complexité spécifiée—des modèles à la fois hautement improbables et indépendamment spécifiables—pour conclure que de tels modèles indiquent un dessein. Les partisans soutiennent que les systèmes biologiques riches en information, les machines moléculaires irréductiblement complexes et l'ajustement fin des constantes physiques pointent collectivement vers un concepteur intelligent. L'argument emploie un filtre explicatif qui élimine le hasard et la nécessité avant d'inférer le dessein, se positionnant comme un programme de recherche scientifique plutôt qu'un argument purement philosophique.
Le mouvement moderne du Dessein Intelligent a émergé dans les années 1980 et 1990, bien qu'il s'appuie sur des intuitions de dessein antérieures. Les figures clés incluent le biochimiste Michael Behe, qui a développé le concept de complexité irréductible dans Darwin's Black Box (1996), le mathématicien William Dembski, qui a formalisé le filtre explicatif et la complexité spécifiée dans The Design Inference (1998), et le philosophe Stephen Meyer, qui s'est concentré sur l'information biologique dans Signature in the Cell (2009). Le Discovery Institute, fondé en 1990, est devenu le centre institutionnel du mouvement. Les précurseurs incluent la Théologie Naturelle (1802) de William Paley et même la cinquième voie de Thomas d'Aquin, bien que les partisans du DI distinguent leur approche comme empiriquement fondée plutôt que théologique.
Les critiques soutiennent que le Dessein Intelligent représente un sophisme du "Dieu des lacunes", invoquant une explication surnaturelle partout où la science actuelle manque de comptes rendus naturalistes complets. Des philosophes comme Elliott Sober affirment que le DI ne parvient pas à faire des prédictions testables et que la sélection naturelle peut produire un dessein apparent sans concepteur. Des scientifiques comme Kenneth Miller argumentent que les systèmes supposément irréductibles peuvent évoluer par exaptation et échafaudage. La décision Kitzmiller v. Dover de 2005 a jugé le DI non scientifique. Les défenseurs répondent que la détection du dessein est utilisée en archéologie et en criminalistique, que le DI fait des prédictions empiriques sur l'ADN non codant et l'évolution des protéines, et que le naturalisme méthodologique exclut arbitrairement les explications par dessein. Ils maintiennent que l'inférence à la meilleure explication pointe légitimement vers l'intelligence face à l'information biologique.
Le Dessein Intelligent diffère de l'analogie de l'horloger en se concentrant sur l'information et la complexité plutôt que sur l'artifice mécanique. Contrairement à l'argument de l'ajustement fin qui aborde les constantes physiques, le DI examine les systèmes biologiques. Il diverge de la complexité irréductible comme argument autonome en incorporant de multiples indicateurs de dessein. Contrairement au principe anthropique qui note des observations compatibles avec notre existence, le DI revendique des preuves positives du dessein.