FAMILLES D'ARGUMENTS·Problème du mal·Dissimulation de Dieu

Dissimulation de Dieu

Contre

Fait partie de Problème du mal

11 œuvres

L'argument de la dissimulation de Dieu soutient que l'existence de l'incroyance non résistante constitue une preuve contre l'existence d'un Dieu parfaitement aimant. L'affirmation centrale est que si un Dieu parfaitement aimant existait, un tel être garantirait que toutes les personnes capables d'une relation significative et qui ne résistent pas à la croyance disposeraient de preuves suffisantes de l'existence de Dieu. La structure inférentielle part de l'observation empirique que certaines personnes cherchent sincèrement Dieu mais ne trouvent pas de preuves convaincantes, passe par la prémisse qu'un Dieu aimant empêcherait une telle incroyance non résistante, pour conclure qu'un tel Dieu n'existe probablement pas. Cet argument vise spécifiquement la conception de Dieu comme maximalement aimant plutôt que simplement l'existence d'un être divin.

La formulation contemporaine trouve son origine dans "Divine Hiddenness and Human Reason" (1993) de J.L. Schellenberg, bien que des antécédents apparaissent dans la critique nietzschéenne du silence divin et les réflexions pascaliennes sur le Dieu caché (Deus absconditus). Schellenberg a affiné l'argument dans "The Hiddenness Argument" (2015), soulignant que l'amour divin nécessiterait l'ouverture à la relation. "The Elusive God" (2008) de Paul Moser engage l'argument tout en défendant la dissimulation divine comme intentionnelle. Parmi les autres contributeurs significatifs figurent le volume édité par Daniel Howard-Snyder "Divine Hiddenness" (2002), les travaux de Stephen Maitzen sur la démographie de l'incroyance, et l'analyse de Jason Marsh sur les dimensions temporelles. L'argument a généré une littérature philosophique extensive précisément parce qu'il défie le théisme sur des bases morales plutôt que purement métaphysiques.

Les réponses théistes soutiennent généralement soit que Dieu a des raisons moralement suffisantes de permettre l'incroyance non résistante, soit que la non-résistance authentique est plus rare qu'on ne le prétend. Moser affirme que Dieu reste caché pour empêcher un simple assentiment intellectuel sans transformation morale. "Coercion and the Hiddenness of God" (2002) de Michael Murray argue que des preuves accablantes compromettraient la liberté moralement significative. Travis Dumsday suggère que certaines incroyances proviennent d'une résistance subtile ou de limitations cognitives plutôt que de l'absence divine. Les critiques de ces réponses, particulièrement Schellenberg, maintiennent qu'un Dieu parfaitement aimant pourrait atteindre tous les objectifs légitimes sans permettre l'incroyance non résistante, et que les preuves empiriques soutiennent fortement l'existence de chercheurs authentiquement ouverts qui échouent à trouver Dieu malgré des efforts sincères.

L'argument de la dissimulation diffère des autres formulations du problème du mal en se concentrant sur la souffrance épistémique plutôt que physique ou morale. Contrairement au problème logique du mal, il formule une affirmation probabiliste plutôt que déductive. Contrairement au problème évidentiel du mal qui souligne la souffrance gratuite, la dissimulation cible le bien spécifique de la relation divine-humaine. Alors que les arguments du mal naturel se concentrent sur la souffrance physique de causes non agentielles, la dissimulation concerne la souffrance des chercheurs sincères.

Œuvres engageant cet argument

Auteurs clés

Rea, Michael1 œuvres
Becking, Bob1 œuvres

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