Le Problème du mal naturel soutient que l'existence de souffrances causées par des processus naturels—tremblements de terre, maladies, sécheresses et autres phénomènes indépendants de l'action humaine—est incompatible avec ou constitue une preuve forte contre l'existence d'un Dieu omnipotent, omniscient et infiniment bon. Contrairement aux maux moraux attribuables au libre arbitre humain, les maux naturels ne semblent servir aucun but discernable dans un univers gouverné divinement. L'argument procède typiquement en affirmant qu'un Dieu parfaitement bon empêcherait la souffrance inutile, qu'un Dieu omniscient serait conscient de tous les maux naturels, et qu'un Dieu tout-puissant pourrait les éliminer sans violer un bien supérieur. Puisque de tels maux existent manifestement, l'argument conclut que soit Dieu manque l'un de ces attributs, soit il n'existe pas du tout.
Le problème du mal naturel a des racines anciennes mais a gagné une formulation systématique à l'époque moderne. Les Dialogues sur la religion naturelle (1779) de David Hume ont puissamment articulé comment la souffrance animale et les catastrophes naturelles défient la croyance théiste. L'essai « La Nature » (1874) de John Stuart Mill soutenait que la cruauté de la nature la rend impropre comme modèle moral et incompatible avec un dessein bienveillant. Au 20e siècle, le problème s'est intensifié après des événements comme le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, avec des philosophes comme William Rowe développant l'argument évidentiel du mal naturel dans « The Problem of Evil and Some Varieties of Atheism » (1979). Les défenseurs contemporains incluent Paul Draper, qui dans « Pain and Pleasure: An Evidential Problem for Theists » (1989) soutient que le naturalisme explique mieux la distribution de la douleur et du plaisir que le théisme.
Les réponses théistes au mal naturel ont pris plusieurs formes. La théodicée de la formation des âmes, développée par John Hick dans Evil and the God of Love (1966), soutient que les maux naturels fournissent des conditions nécessaires au développement moral et spirituel. Richard Swinburne dans Providence and the Problem of Evil (1998) affirme que les maux naturels permettent des réponses humaines significatives comme la compassion et le courage. Les théologiens du processus comme David Ray Griffin soutiennent dans God, Power, and Evil (1976) que le pouvoir de Dieu est persuasif plutôt que coercitif, rendant le mal naturel inévitable. Les critiques répondent que ces théodicées échouent à justifier l'ampleur et la distribution de la souffrance naturelle, particulièrement parmi ceux incapables de formation spirituelle comme les nourrissons et les animaux, et qu'un Dieu omnipotent pourrait sûrement atteindre ces biens sans moyens si extrêmes.
Le Problème du mal naturel diffère des formulations connexes en se concentrant spécifiquement sur la souffrance provenant de sources non-agentielles. Contrairement au Problème logique du mal, il ne revendique pas de contradiction formelle mais une tension évidentielle. Contrairement au Problème évidentiel du mal largement conçu, il exclut entièrement les maux moraux. Contrairement à la Défense du libre arbitre, qui aborde le mal moral par la liberté libertarienne, le mal naturel ne peut faire appel au libre arbitre créaturel comme cause, nécessitant des théodicées distinctes axées sur la formation des âmes, la loi naturelle ou les limitations épistémiques.