Personnalisme théiste

Transversal

Fait partie de Débat général sur le théisme

75 œuvres

Le personnalisme théiste conçoit Dieu comme une personne suprême parmi d'autres personnes, possédant des attributs maximaux mais non métaphysiquement nécessaires, qui existe dans le même cadre ontologique que la création et se rapporte au monde par des interactions temporelles réelles. Contrairement à la doctrine du théisme classique sur la simplicité et l'immutabilité divines, le personnalisme théiste maintient que Dieu possède des propriétés distinctes, fait l'expérience d'une succession temporelle authentique, répond dynamiquement aux actions des créatures et subit de réels changements relationnels tout en restant parfait. Cette position affirme généralement que la connaissance de Dieu s'accroît à mesure que les créatures libres font des choix, que l'amour divin implique une vulnérabilité et un risque authentiques, et que la puissance de Dieu, bien que vastement supérieure à celle de toute créature, opère à l'intérieur plutôt qu'en transcendant les conditions métaphysiques de la réalité.

Cette position a émergé de manière proéminente dans la philosophie analytique de la religion du vingtième siècle à travers des figures comme Richard Swinburne (The Coherence of Theism, 1977), Alvin Plantinga (Does God Have a Nature?, 1980) et William Hasker (God, Time, and Knowledge, 1989). Des précurseurs antérieurs incluent le concept du Dieu fini de William James et certains courants de la pensée processuelle. Les défenseurs contemporains comprennent Thomas V. Morris (Our Idea of God, 1991), Charles Taliaferro (Contemporary Philosophy of Religion, 1998) et J.P. Moreland (diverses œuvres). Brian Davies a forgé le terme « personnalisme théiste » de manière quelque peu polémique dans An Introduction to the Philosophy of Religion (1993) pour distinguer cette vue du théisme classique thomiste. La position s'appuie sur les représentations bibliques de l'interaction divino-humaine, l'expérience religieuse ordinaire de relation personnelle avec Dieu, et les arguments philosophiques sur les conditions de l'amour authentique et de la responsabilité morale.

Les principales objections viennent des théistes classiques qui soutiennent que le personnalisme théiste compromet la transcendance divine et réduit Dieu à un être fini, aussi puissant soit-il. Brian Davies et Edward Feser affirment que soumettre Dieu à la succession temporelle et aux relations réelles mine l'aséité et la perfection divines. Les critiques reprochent également que cette vue ne peut rendre compte adéquatement de la création ex nihilo ou de l'existence nécessaire de Dieu. Les défenseurs répondent que le Dieu du théisme classique est trop abstrait et impersonnel pour fonder une dévotion religieuse authentique, que la théologie de l'être parfait n'implique pas nécessairement une forte immutabilité, et qu'un Dieu qui ne peut faire l'expérience de relations réelles ou répondre à la prière ne correspond pas au portrait de la religion révélée. Ils soutiennent que la grandeur maximale est compatible avec, voire exige, des relations réciproques authentiques avec les créatures.

Le personnalisme théiste diffère du théisme classique en rejetant la simplicité divine, l'immutabilité forte et l'intemporalité en faveur d'un Dieu qui fait l'expérience de la succession temporelle et de relations réelles. Contrairement au déisme, il affirme l'engagement providentiel continu de Dieu et sa relation personnelle avec la création. Il diverge du théisme ouvert en ne limitant pas nécessairement la prescience divine des actions libres. Contrairement au théisme processuel, il maintient la création ex nihilo et l'aséité divine plutôt que la dépendance métaphysique de Dieu vis-à-vis du monde.

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