Théisme ouvert

Transversal

Fait partie de Débat général sur le théisme

43 œuvres

Le théisme ouvert est une position théologique affirmant que Dieu possède une connaissance parfaite de tous les états de choses passés et présents mais n'a pas de prescience exhaustive des événements futurs contingents, particulièrement ceux impliquant des choix humains libres. Cette vision maintient que le futur est véritablement ouvert et partiellement indéterminé, non pas à cause d'une limitation dans l'omniscience divine, mais parce que les actions libres futures n'existent pas encore comme des faits déterminés à connaître. Les théistes ouverts soutiennent que Dieu connaît tout ce qui est logiquement possible de connaître : le passé exhaustivement, le présent parfaitement, et le futur comme un domaine de possibilités avec leurs probabilités respectives. Cette position tente de réconcilier l'omniscience divine avec le libre arbitre libertarien tout en préservant la relation dynamique et responsive de Dieu avec la création.

Le mouvement contemporain du théisme ouvert a émergé dans les années 1980 à travers l'œuvre de Richard Rice, dont « The Openness of God » (1980) a posé les arguments fondateurs. Clark Pinnock, John Sanders, Gregory Boyd et William Hasker ont développé systématiquement la position dans leur ouvrage collaboratif « The Openness of God » (1994). « God of the Possible » (2000) de Boyd et « The God Who Risks » (1998) de Sanders ont fourni des défenses complètes. Les précurseurs historiques incluent les Sociniens du seizième siècle, le théologien méthodiste du dix-neuvième siècle Lorenzo McCabe, et les théologiens du processus comme Charles Hartshorne, bien que les théistes ouverts distinguent leur position de la pensée du processus en maintenant la transcendance divine et la création ex nihilo. Le mouvement a gagné une attention significative dans les cercles évangéliques, déclenchant un débat intense sur la nature de la prescience divine et de la providence.

Les critiques du théisme classique argumentent que le théisme ouvert mine la souveraineté et la perfection divines. Norman Geisler, Bruce Ware et John Frame soutiennent que limiter la prescience de Dieu contredit la prophétie biblique et réduit la capacité de Dieu à garantir ses promesses. Les objections philosophiques incluent l'affirmation que l'omniscience inclut nécessairement la prescience exhaustive, et que l'intemporalité divine résout le conflit apparent avec la liberté humaine. Les théistes ouverts répondent que les prophéties bibliques peuvent être comprises comme conditionnelles ou basées sur les intentions de Dieu de réaliser certains résultats. Ils argumentent que la perfection divine devrait être comprise dynamiquement plutôt que statiquement, et qu'un Dieu qui prend de véritables risques dans la création manifeste un plus grand amour que celui qui contrôle tous les résultats. Le débat se centre souvent sur des interprétations concurrentes des textes bibliques et différentes compréhensions de la relation entre temps et éternité.

Le théisme ouvert diffère du théisme classique en niant la prescience divine exhaustive et en affirmant la succession temporelle dans l'expérience de Dieu. Contrairement au théisme du processus, il maintient la création ex nihilo et la transcendance divine tout en rejetant la limitation divine nécessaire. Là où le déisme pose un Dieu non-intervenant, le théisme ouvert souligne l'interaction divine-humaine continue. Contrairement aux tendances anthropomorphiques du personnalisme théiste, le théisme ouvert fonde ses affirmations sur des arguments philosophiques concernant la nature du temps et de la connaissance.

Œuvres engageant cet argument

Dialogique

Auteurs clés

Jaspers, Karl2 œuvres
Ware, Bruce2 œuvres
Boyd, Greg2 œuvres
Meister, Chad2 œuvres
Reitan, Eric1 œuvres

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