Cercle herméneutique

Pour

Fait partie de Écriture sainte et texte sacré

34 œuvres

L'argument du cercle herméneutique soutient que la compréhension des textes sacrés nécessite un mouvement dialectique entre les parties et le tout, où la compréhension des passages individuels dépend de la saisie du sens global du texte, tandis que le tout ne peut être compris qu'à travers ses parties constituantes. Ce processus circulaire, plutôt que d'être vicieusement circulaire, est présenté comme une spirale productive qui approfondit la compréhension par des interprétations successives. L'argument maintient que cette dynamique interprétative est particulièrement cruciale pour les textes sacrés, où le sens divin émerge de l'interaction entre les détails textuels et les cadres théologiques englobants, faisant du cercle herméneutique non pas un sophisme logique mais une caractéristique essentielle de la façon dont la révélation communique la vérité à travers le langage humain et les formes culturelles.

Le concept trouve son origine dans la théorie herméneutique de Friedrich Schleiermacher au début du 19e siècle, développée dans son « Herméneutique et critique » (1838), où il soutenait que la compréhension nécessite un mouvement entre l'interprétation grammaticale et psychologique. Martin Heidegger l'a transformé en principe ontologique dans « Être et Temps » (1927), affirmant que toute compréhension présuppose une pré-structure de sens. « Vérité et Méthode » (1960) de Hans-Georg Gadamer a appliqué cela spécifiquement à l'interprétation textuelle, soulignant la fusion des horizons entre texte et interprète. Dans les contextes théologiques, Rudolf Bultmann a employé le cercle dans son programme de démythologisation, tandis que la « Théorie de l'interprétation » (1976) de Paul Ricœur a développé une herméneutique post-critique qui embrasse le cercle comme productif pour comprendre les symboles et récits religieux.

Les critiques soutiennent que le cercle herméneutique conduit au relativisme, car les interprètes apportent leurs propres présuppositions qui prédéterminent le sens textuel, rendant l'interprétation objective impossible. E.D. Hirsch Jr. dans « Validity in Interpretation » (1967) soutient que l'intention de l'auteur fournit un ancrage objectif qui brise le cercle. Les défenseurs répondent que le cercle n'est pas vicieux mais en forme de spirale, chaque passage interprétatif affinant la compréhension par ce que Gadamer appelle la « conscience historique effective ». Ils soutiennent que les présuppositions ne sont pas des barrières mais des conditions nécessaires à la compréhension, et que le cercle décrit comment le sens émerge de manière dialogique plutôt que d'être simplement extrait. L'application théologique suggère que la vérité divine s'accommode à la compréhension humaine précisément par ce processus.

Contrairement à l'inerrance biblique qui se concentre sur l'exactitude factuelle du texte, le cercle herméneutique aborde le processus de compréhension lui-même. Alors que l'inspiration divine concerne l'origine du texte et l'autorité scripturaire son statut normatif, le cercle herméneutique examine comment le sens émerge dans l'acte d'interprétation. Il diffère de l'accent de la méthode historico-critique sur le contexte original en reconnaissant la situation historique de l'interprète comme constitutive du sens. Contrairement au focus du sensus plenior sur les significations spirituelles cachées, le cercle herméneutique décrit une structure universelle de toute compréhension textuelle.

Œuvres engageant cet argument

Auteurs clés

Alter, Robert2 œuvres
Copan, Paul2 œuvres
Lewis, C.S.1 œuvres
Lennox, John1 œuvres
Rahman, F.1 œuvres
Bauer, Walter1 œuvres

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