L'inerrance biblique affirme que la Bible, dans ses manuscrits originaux (autographa), ne contient aucune erreur dans toute matière qu'elle aborde—qu'elle soit théologique, morale, historique ou scientifique. Cette doctrine soutient que puisque l'Écriture est divinement inspirée, et puisque Dieu ne peut ni mentir ni errer, le texte biblique doit être entièrement exempt de fausseté, de fraude ou de tromperie. L'argument procède typiquement de la prémisse de l'inspiration divine à travers la perfection de la nature de Dieu pour conclure que l'Écriture participe à cette véracité divine. Les partisans distinguent entre les autographa inerrants et les copies ou traductions potentiellement fautives, maintenant que les contradictions apparentes résultent de la corruption textuelle, d'erreurs interprétatives ou d'une compréhension incomplète plutôt que d'erreur originelle.
La doctrine émergea distinctement dans la théologie protestante, bien que ses racines remontent aux affirmations patristiques de la fiabilité scripturaire. Les lettres d'Augustin défendant l'exactitude biblique contre les critiques manichéennes et son De consensu evangelistarum (400 apr. J.-C.) fournirent des arguments fondamentaux. Les Réformateurs protestants, sans utiliser le terme « inerrance », affirmèrent la complète fiabilité de l'Écriture. La doctrine se cristallisa dans la théologie de Princeton du 19e siècle à travers « Inspiration » (1881) d'A.A. Hodge et B.B. Warfield, répondant à la haute critique. La Déclaration de Chicago sur l'inerrance biblique (1978), rédigée par des érudits incluant Norman Geisler, Wayne Grudem et R.C. Sproul, articula la position pour l'évangélisme contemporain. Les défenseurs clés incluent Carl F.H. Henry (God, Revelation and Authority, 1976-1983) et Millard Erickson (Christian Theology, 1983).
Les critiques argumentent que l'inerrance impose un standard anachronique aux textes anciens, confondant la précision scientifique moderne avec les conventions littéraires anciennes. Ils citent des contradictions apparentes (différences synoptiques, divergences numériques entre Samuel-Rois et Chroniques) et des difficultés historiques (datation du recensement de Luc, problèmes archéologiques de l'Ancien Testament). Peter Enns (Inspiration and Incarnation, 2005) argumente que la dimension humaine de l'Écriture inclut nécessairement des limitations culturelles. Les défenseurs répondent en distinguant le langage phénoménologique de l'erreur scientifique, soulignant l'interprétation appropriée au genre, et proposant des harmonisations. Ils argumentent que les critiques présument souvent des contradictions plutôt que de chercher des lectures cohérentes, et que les découvertes archéologiques ont répétitivement confirmé des récits bibliques précédemment jugés erronés.
L'inerrance biblique diffère des formulations connexes par sa portée comprehensive. Tandis que l'inspiration divine aborde l'origine de l'Écriture sans nécessairement impliquer l'absence d'erreur, l'inerrance revendique spécifiquement l'exactitude factuelle. Contrairement au cercle herméneutique centré sur la méthodologie interprétative ou à l'approche analytique de la méthode historico-critique, l'inerrance fait une affirmation ontologique sur le texte lui-même. Elle dépasse l'autorité scripturaire (qui pourrait admettre des erreurs tout en maintenant un statut normatif) en insistant sur la fiabilité factuelle complète comme base de cette autorité.