L'argument de la cause première soutient que la chaîne des causes opérant dans le monde ne peut s'étendre vers l'arrière sans limite, et doit donc se terminer en une cause première qui est elle-même incausée. À partir de l'observation que tout effet a une cause, l'argument infère l'existence d'une cause originatrice qui fonde l'ordre causal entier sans elle-même requérir d'explication externe.
L'argument a des racines classiques dans la Physique et la Métaphysique d'Aristote, où le Premier Moteur sert de source ultime du mouvement. Il fut développé dans la philosophie islamique précoce par al-Kindī, qui fusionna la causalité aristotélicienne avec la doctrine théologique de la création du monde. Thomas d'Aquin présenta une version comme la Seconde Voie dans la Somme théologique, distinguant les séries causales essentiellement ordonnées (qui ne peuvent procéder à l'infini) des séries accidentellement ordonnées (qui le peuvent sans doute). Le renouveau scolastique contemporain, notamment chez Edward Feser, a reformulé l'argument en termes analytiques modernes, soulignant que l'impossibilité de régression infinie s'applique aux chaînes causales per se où chaque membre dépend dans le moment présent de l'activité causale du membre antérieur.
Les critiques depuis David Hume ont questionné la prémisse selon laquelle tout événement doit avoir une cause, particulièrement quand elle est étendue des régularités observées à l'univers dans son ensemble. Bertrand Russell a fameusement soutenu que l'univers pourrait être simplement un « fait brut » ne requérant aucune explication supplémentaire. Des critiques contemporains tels que Graham Oppy ont contesté la distinction entre séries causales per se et per accidens, et l'affirmation que la cause première doit posséder les attributs traditionnellement attribués à Dieu.
Parmi les autres formulations de la famille cosmologique, l'argument de la cause première diffère de la version du kalām en ne requérant pas un commencement temporel de l'univers — il concerne la dépendance causale plutôt que l'origination temporelle. Il diffère de l'argument de contingence en opérant avec la notion de cause plutôt qu'avec la notion modale de contingence et de nécessité. Il diffère de la preuve du véridique d'Ibn Sīnā (burhān al-ṣiddīqīn) en raisonnant à partir des effets plutôt que directement à partir de la nature de l'existence elle-même.